Élection au CONSEIL MALIEN DES CHARGEURS : La liste de Bourama Mounkoro en tête

Les élections du Conseil malien des chargeurs (CMC) ont bien eu lieu le samedi 30 octobre 2021, au grand dam d’un lobby qui avait ses tentacules jusque dans le Cabinet du Ministère des Transports. Lequel œuvrait pour amener la ministre de tutelle à annuler le processus électoral afin d’installer un collège transitoire au CMC. C’est une vraie mafia qui s’agitait et des noms circulaient déjà pour cette administration provisoire. Heureusement que Mme Dembélé, ministre des Transports, a fait preuve de vigilance pour éviter à la Transition un piège qui pouvait lui donner l’image d’une administration incapable d’organiser cette petite élection du CMC, pour prétendre tenir de bonnes élections générales.

Les élections du Conseil malien des chargeurs ont pu être sauvées par la ténacité de la ministre des Transports qui a contourné tous les pièges qui lui ont été tendus, y compris jusqu’au sein de son cabinet où des fonctionnaires œuvraient à l’échec de ce scrutin afin d’imposer leurs protégés au sein d’un éventuel collège transitoire. Ironie du sort, le projet de texte portant installation d’un collège transitoire au CMC commençait même à circuler.

L’on comprend alors les difficultés rencontrées par la Commission électorale, notamment pour fonctionner car aucun moyen n’a été mis à sa disposition après l’Arrêté de Mme le ministre des Transports qui l’a instituée. Une perte de temps entretenue à dessein (près de quinze jours sans pour pouvoir travailler) afin de faire capoter ses opérations et justifier la nécessité de l’installation d’un collège transitoire.

Mais il faut saluer la détermination de cette commission électorale qui a usé de la souveraineté que lui confère l’Arrêté n°3323-MTI-SG du 27 août 2021 portant organisant des élections et fixant le jour ainsi que les heures d’ouverture et de clôture du scrutin des membres de l’Assemblée consulaire du Conseil malien des chargeurs. Il faut retenir que le Ministère des Transports avait écrit à son homologue chargé de l’Administration territoriale et des collectivités pour lui demander d’organiser le scrutin au plan national. Et c’est le ministre de l’Administration territoriale qui a donc donné mandat aux gouverneurs des régions qui se sont donc impliqués, en assumant leurs responsabilités, notamment celles de nommer les membres de la Commission électorale régionale pour organiser le scrutin. Ce que confirme l’Article 3 de l’Arrêté précité. Dès lors, toute intervention d’un membre du Cabinet du Ministre des Transports, quels que soient ses titres et qualités, relevait de l’ingérence illégale et pourtant la Commission a été confrontée à de véritables manœuvres, inconnues de la cheffe du département des Transports jusqu’à la dernière minute, notamment à trois jours du scrutin, suite à une réunion convoquée par un conseiller technique du ministère qui tentait ainsi de trouver des arguments pour valider la suspension du processus électoral projetée.

Et c’est à cette réunion que l’on apprendra que même la version définitive du fichier électoral, dont la publication était encore attendue, se trouvait pourtant avec un des membres du Cabinet, lequel l’a reçu au moins 24 heures auparavant sans réagir. Tout était donc mis en place pour induire la ministre des Transports en erreur, notamment en ignorant le travail de la Commission électorale pour stopper brutalement un processus électoral, et de façon illégale. Ce qui aurait aussi exposé le gouvernement de Transition.

La veille du scrutin, notamment le vendredi 29 octobre, le président sortant du CMC, candidat à sa propre succession, se prévalait d’une décision que venait de publier le tribunal administratif, le jour-même, pour, écrit-on, ordonner « la reprise des élections après établissement d’un nouveau fichier électoral ». Mais en précisant que cette décision est « non exécutoire ». Si le président sortant du CMC, candidat à sa propre succession, a voulu s’arcbouter sur cette décision du reste « non exécutoire » pour faire annuler le scrutin, ce n’était pas l’avis de Mme le ministre des Transports qui a fait tenir les élections à la date prévue. Les résultats obtenus au niveau de Bamako donnent à la liste A Bourama Mounkoro la victoire avec 267 voix sur 277 votants, la liste Babalaye n’ayant donc obtenu que 10 voix et uniquement à la section importation. Ce qui signifie que dans les deux autres sections, notamment en Exportation et Transit, Babalaye n’a obtenu aucune voix.

La Commission électorale doit transmettre son rapport au gouverneur, lequel fera suivre pour son ministre qui transmet enfin au Ministère des Transports. Ce dernier doit ensuite convoquer l’Assemblée consulaire composée des membres des listes gagnantes dans toutes les régions du Mali, pour enfin élire le président et le Bureau qui l’accompagne.

Il faut préciser que les recours éventuels contre le scrutin ne suspendent pas ce processus qui doit se poursuivre en attendant que l’instance judiciaire compétente puisse statuer sur lesdits recours.

Selon des experts en la matière, que nous avons pu contacter, ce serait une grosse faute administrative que de décider de l’installation d’une autorité transitoire à ce stade où les élections ont déjà eu lieu. Il faut, selon eux, poursuivre le processus électoral en attendant que la justice tranche.

Correspondance particulière

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