Burkina Faso : La société civile exprime son exaspération face à la situation sécuritaire

Après la sortie, la semaine dernière du chef de file de l’opposition burkinabè, Eddie Komboïgo, sur la recrudescence d’attaques djihadistes et la dégradation constante de la situation sécuritaire dans le pays, des organisations de la société civile, réunies au sein du « Mouvement populaire sauvons le Burkina Faso », plane à leur tour à la désobéissance civile.

Ils sont au total une centaine d’organisations de la société civile regroupant au sein du « Mouvement populaire sauvons le Burkina Faso » à dénoncer l’abandon d’une partie des populations sous le diktat des groupes armés terroristes, indique Radio France Internationale. Les responsables de ce mouvement ont indiqué, le pays s’effondre sous le diktat des groupes armés terroristes. Par ailleurs, la recrudescence d’attaques djihadistes et la dégradation constante de la situation sécuritaire dans le pays ont occasionné la fermeture de 2000 écoles, le déplacement contraint de plus d’un million et demie de personnes ainsi que le débordement de la situation sécuritaire au Burkina Faso, dénonce le mouvement dans un rapport de RFI.

Indexant les autorités du pays, le premier responsable du directoire du « Mouvement populaire sauvons le Burkina Faso », a indiqué que « ceux qui nous défendent aujourd’hui sont totalement débordés par les ennemis, par ceux qui nous attaquent, les terroristes. Vous voyez des communes où il n’y a plus de maires ou de préfets et les populations sont laissées à elles-mêmes. Comment ces dernières vont se débrouiller ? Est-on véritablement dans un État de droit ? », rapporte le média français.

Par ailleurs, ce mouvement est piloté par plusieurs organisations ayant participé à l’insurrection populaire d’octobre 2014, qui a éjecté le régime de Blaise Compaoré. Le responsable du mouvement parmi lequel figure certains cerveaux du soulèvement populaire de 2014, dont le M21, CAR… indique qu’après la chute de Blaise Compaoré, les organisations qui ont mis fin à son régime espéraient un changement radical. Le « Mouvement populaire sauvons le Burkina Faso » menace par ailleurs, d’appeler à une désobéissance civile si la sécurité ne s’améliore pas dans les régions les plus touchées, selon RFI.

Le Burkina Faso fait face depuis 2015 à des attaques djihadistes régulières et meurtrières, en particulier dans les régions du nord et de l’est, proches du Mali et du Niger, pays également confrontés aux opérations des djihadistes armés. Au cours de ces années des violences djihadistes, environ 2 000 personnes ont été tuées et occasionnant aussi le déplacement contraint 1,4 million de personnes, principalement dans le nord du Burkina Faso. Outre ce mouvement de la société civile, le chef de file de l’opposition a critiqué la gestion actuelle du pouvoir en place face à la situation du pays. « La tête de notre Faso est chroniquement absente et quand le navire est sans capitaine, le naufrage est inévitable », a-t-il indiqué.

Ibrahim Djitteye

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