Sortie du Procureur Kassogué dans l’affaire dite « atteinte à la sûreté intérieure de l’État » : Les faitières de la presse et les avocats de Boubou Cissé réagissent !

L’actualité malienne reste, depuis quelques jours, dominée par l’arrestation de certaines personnalités présumées avoir eu la volonté de porter « atteinte à la sûreté intérieure de l’État ». En charge de l’affaire, le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III de Bamako, Mamadou Kassogué s’est, via un communiqué, prononcé sur l’affaire, incriminant certains éléments du monde médiatique et l’ex-PM Boubou Cissé qui n’ont pas tardé à réagir.

« Le procureur de la République près le tribunal de grande instance de la commune III du district de Bamako informe l’opinion que, des enquêtes menées par le service d’investigation judiciaire (SIJ) de la gendarmerie nationale sur les faits d’atteinte à la sûreté de l’État, dénoncés au parquet par les services de sécurité, révèlent des indices graves et concordants des faits laissant présumer l’existence d’une entreprise criminelle », indique-t-on dans le communiqué de Mamadou Kassogué.

 En substance, ces faits motivant l’arrestation des différentes personnalités incriminées dans l’affaire se résument, selon le procureur Kassogué, à trois (3) éléments. Primo, les investigations menées ont permis de découvrir l’établissement des contacts suspects soutenus entre certaines des personnes mises en cause en des lieux et à des heures, laissant apparaitre leur volonté de tenir sécrète leurs activités. Secondo, lit-on dans le communiqué, les enquêtes ont également décelé des déplacements suspects à l’intérieur du pays, auprès de certaines personnalités. Aussi, le communiqué laisse croire que des actions de sabotage de certaines initiatives des autorités de la transition avaient, enfin, été entreprises par de présumés responsables.

Aux dires de Mamadou Kassogué, « il a été aussi révélé des indices établissant la possibilité de liens entre les suspects et certaines associations, organisations et personnalités du monde médiatique. Ce, dans le cadre d’actions concordantes pour les besoins de l’entreprise criminelle projetée ». Pour établir la vérité sur ces « faits graves » ; leurs circonstances exactes ; ainsi que les éventuelles implications, explique le procureur de la commune III, une information judiciaire a donc été ouverte contre lesdites personnes, à savoir Mahamadou Koné, Vital Robert Diop, Souleymane Kansaye, Aguibou Macky Tall, Youssouf Mohamed Bathily alias RASBATH et l’ex-Premier ministre Boubou Cissé. Cela, ajoute-t-il, « pour complot contre le Gouvernement, association de malfaiteurs, offense à la personne du Chef de l’État et complicité de ces faits ».

De ces faits, il a été, dès le 31 décembre 2020, enjoint par le juge d’instruction en charge de l’affaire, leur placement en détention provisoire, confirme M. Kassogué. Pour ce qui est le cas de Boubou Cissé, le procureur annonce que l’ex-PM reste « introuvable ». Pour le cas du nommé Sékou Traoré, le magistrat bénéficiant du rang de ministre, le procureur tient à rassurer que le dossier sera, en conformité avec les dispositions des articles 614 et 616 du code de procédure pénale, transmis au procureur général près la Cour suprême.

Réaction des conseils de Boubou Cissé suite au communiqué du procureur

En réponse à ce communiqué de Mamadou Kassogué, les conseils de Boubou Cissé ont démenti l’annonce selon laquelle le PM reste « introuvable ». D’après eux, Dr Boubou « n’a reçu aucune convocation de la part d’aucune autorité judiciaire, politique ou administrative pour se tenir à la disposition de la justice de son pays ». Par ailleurs, ils cautionnent indignés contre « les graves violations des libertés fondamentales garanties par la constitution, les atteintes intolérables aux droits à la défense, voire aux droits à la présomption d’innocence dans la présente procédure ». Et de préciser qu’ils se réservent le droit de saisir les juridictions nationales et internationales ont compétence en la matière.

Réaction des faitières de presse suite au communiqué du procureur Kassogué

« Nous, faitières de presse, estimons que cette sortie du procureur n’est ni plus ni moins qu’une intimidation de la presse. Par ce procédé, les pouvoirs publics veulent museler la presse nationale et mettre l’épée de Damoclès sur la tête de nos confrères », expliquent les responsables du monde médiatique. Aux pouvoirs publics, ils rappellent que la liberté de presse est consacrée par la constitution du pays, « et que nul ne doit être inquiété pour ses idées, ses critiques ». Et de convier les autorités « à plus de discernement et de responsabilité pour préserver les acquis démocratiques ».

Mamadou Diarra

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